Friday, March 23, 2018

4.3.5. DES COMMUNAUTÉS DIRIGÉES PAR DES AÎNÉS


AU DJIMINI LES MARCHANDS DÉCOUVRENT ARRIVENT  LES SÉNOUFOS, CULTIVATEURS AUTO-SUFFISANTS 

Beaucoup le sont encore.

Langue senoufo  / zoom

Photos du web, photographes généralement non nommés. 
Pour d'autres, cliquez ici et ici.

Agriculteurs de subsistance, leur système social est basé sur la possession de la terre en commun et sur l'organisation par des lineages, que les aînés dominent. 



Irene Becker

Video (Pinterest) / zoom


Une telle organisation est totalement contraire 
à la recherche individuelle du gain.

*      *      *
Suite, 




Thursday, March 22, 2018

4.3.6. UNE MONNAIE DIVISIBLE BOULEVERSE CETTE SOCIÉTÉ


LES CAURIS VENUS D'ASIE S'ÉTENDENT À TRAVERS L'AFRIQUE DE L'OUEST
(VERS 1780-1850)

Petites, légères et indéfiniment divisibles, ils permettent à tous  de commercer, ce qui menace le contrôle des autorités.


  • Les dirigeants peuvent expulser les marchands qui tentent de les imposer. En Oyo (au Nigéria) et Ashanti (au Ghana), leur introduction vers 1800 coïncide avec le bannissement des Hausa. Pour Macina (au Mali), Heinrich Barth joint ces changements explicitement.
--  Travels and Discoveries in North and Central Africa par Heinrich Barth, ed.1865, III, p. 368.

  • En Ashanti, les Hausa sont chassés parce qu'ils « ne savaient pas se servir des poids à peser de l'or. Alors les Ashanti ont dit, "si vous ne voulez pas apprendre à vous en servir, vous pouvez partir."  »
-- Atta Kwadwo, Gardien du siège royal, Kumasi 

Les Hausa commercent avec les Ashanti depuis un demi-siècle et savent, bien sûr, utiliser les poids. Mais demander de cauris défie le roi, dont les poids sont un tiers plus lourds que ceux de ses sujets... 


  • Ou bien, ils apparaissent après les guerres civiles qui conduisent à un pouvoir plus robuste. Barth dit explicitement qu'au Bornu l'utilisation des cauris et la chute de l'ancienne noblesse arrivent en même temps (en 1846).
-- Travels and Discoveries in North and Central Africa, 1855, II, 55

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Les explorateurs donnent rarement une information aussi directe, car ils ne comprennent pas son importance. 

On saisit le lien en joignant différentes parties
de leur récit,
en découvrant by controverses derrière les histoires
et en comparant des récits
pour la même région à divers époques.  

Wednesday, March 21, 2018

4.3.7. LE DJIMINI MONTRE LA LUTTE DE PRÈS


SES SOUVENIRS ILLUSTRENT UNE HISTOIRE UNIVERSELLE   

Les paroles les plus significatives des interlocuteurs sont en italiques. 
 

Les villages dans l'histoire sont toutes sur la voie de commerce.

Avant-propos

Des marchands arrivent de Kong vers 1700-1740. Le luxe qu'ils apportent renforce les aînés, qui s'en servent pour contrôler les amendes et les dots.   

Quand les marchands deviennent plus nombreux, l'autorité sénoufo devient plus musclé. Au village de Kondougou, sur la voie de commerce, un chef remplace les aînés : ses épouses font pousser l'approvisionnements des nouveaux venus et ses fils cherchent le kola du forêt.  

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Un conflit se déclenche (vers 1830-1840 ?*) 

*Le temps paysan est basé sur les saisons. Donc à moins que les dates soient liées à des événements, tels après l'arrivée des marchands ou avant la conquête de Samori (à suivre), les narrateurs ne savent pas quand ils ont eu lieu. 

Un document des archives de Dakar dit que le fils de Gnapon (Nambolosse, à suivre), était tué en 1878, quand il était « trop vieux pour combattre ». Nous pouvons donc situer la victoire de Gnapon quand on le suppose jeune et énergique, quand il y aurait eut le temps pour l'évolution décrite ici de ce faire et qui correspondraient aux changements plus profonds au nord. 

Le chef de Kondodougou, Tofanga, est capturé. Ses opposants emmènent l'emmènt prisonnier dans leur village. Mais il a un ami, le guerrier Gnapon. Gnapon se cache dans la forêt et indique sa présence par un chant païen, auquel Tofanga répond. 

  •  Le chant « païen » indique un conflit entre musulmans et animistes.   
L'ennemi et la raison du conflit sont oubliés. Mais bien que les détails de l'histoire changent de village en village, tous mentionnent l
e chant « païen ». Ce terme n'a de sens que si le village est musulman, c'est-à-dire commerçant : le conflit est donc entre marchands et Sénoufo, et sa raison ne peut être qu'économique. 

  • La raison doit être que Tofanga rejette les cauris.  
Les interlocuteurs ne savaient pas quand ils ont été introduits, disant seulement qu'ils étaient courants avant l'arrivée de Samori (à suivre), en 1891. Leur parution a du coïncider avec l'arrivée des marchands, le conflit se déclenchant quand ces derniers étaient bien établis.  

Gnapon hurle et les villageois sortent pour voir se qui se passe. Tofanga s'échappe. Il dit à Gnapon qu'il pourrait lui offrir une femme [la récompense habituelle], « mais une femme pourrait venir entre nous ». Il préfère lui céder le pouvoir.

Ici aussi, les mots sont toujours les mêmes : « mais une femme pourrait venir entre nous. » Tofanga, vaincu, n'a pas de pouvoir à céder, mais souligner l'aspect volontaire de l'abandon montre que la population approuve l'autorité plus musclée.

Le village de Gnapon, Bokhala, devient un marché qu'un marabout renforce Bokhala avec ses prières. 

Le marabout vend des perles et d'autres articles de peu de valeurIl est donc Dyula, petit commerçant. Les Soninke et les Hausa n'ont pas encore d'importance. 

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Gnapon donne aux marchands une monnaie divisible et un chef qui peut empêcher le boycottage, les vols, la fermeture des routes et les embuscades. Pour les Sénoufos son pouvoir freine un bouleversement plus profond. 

Les Hausa sont expulsés de certains royaumes et des mouvements millénaires commencent à la même époque.

Le bouleversement au Djimini fait partie d'une transformation plus vaste. 

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Le caractère premier et l'obscurité de la region
laisse rien distraire d'un conflit qui explose
dans la savane entière.

Fin de cette section.

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Wednesday, January 31, 2018

4.4. DES FOULES DÉRACINÉS DÉFERLENT SUR LE SAHEL


DES MASSES QUE LA CROISSANCE A DÉRACINÉ PROPULSENT LES MOUVEMENTS QUI ENFLAMMENT LA SAVANE ENTIÈRE

Elles conduisent à des théocraties, qui par un esclavage intensif approvisionnent les marchés en pleine croissance.  

Cette transformation s'étend sur toute la zone vert claire.




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Monday, January 29, 2018

4.4.1. LA CROISSANCE S'ÉTEND


L'HISTOIRE DE MISAKULLAH ANNONCE UNE ÉVOLUTION GÉNÉRALE

Les voies de commerce vers le Sahara central conduisent au royaume du Kanem, semblable à celui de Songhay. 



Le roi est un blanc : le créateur du plan invente.

Voies de commerce sahariennes vers 1400

Régions à l'epicenter du Boko Haram actuel

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Comparer les récits de deux explorateurs (Barth et Clapperton, en 1825 et 1855) indique l'orage à venir.

 -- Narrative of Travels and Discoveries in Northern and Central Africa in 1821, 1822, 1823
par le capitaine Hugh Clapperton, 1826
-- Travels and Discoveries in North and Central Africa par Heinrich Barth,1855


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Le Bornou vers 1825
 (On utilise généralement le nom raccourci.) 


• L'économie ressemble à celle de la France au XVe siècleet ce cavalier à un chevalier.
  • Clapperton trouve un royaume récemment centralisé, dirigé par un suzerain musulman. Il est plus puissant que les rois obèses, mais des contraintes telles la barrière ci-dessous le retiennent néanmoins. 

Shehu al-Hajj Muhammad al-Kânemi, Clapperton / zoom
L'habit blanc représente la sainteté, et représenter Dieu renforce l'autorité.

Les turbans entravent le mouvement et la grille isole. 

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Le Logone, un état plus loin du Sahara et donc plus primitif,
change plus lentement. 

  • Le roi offre à la mission une quantité de provisions beaucoup plus grande qu'elle ne peut consommer, pour qu'ils ne les procurent pas des gens du cru. 
  • Clapperton voit une monnaie de fer pour la première fois, et lui octroie une rare illustration.
  • Le commerce s'étend et se renforce. Le tissage et la teinture apparaissent à l'époque où des marchands renversent le roi de Kong et ouvrent les routes (vers 1800). Les chefferies s'unissent et le roi devient nominalement musulman, signe de puissance puisqu'il est sensé venir de Dieu.
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Une génération plus tard au Bornu..

  • Barth, qui arrive en 1850, constate qu'une révolution vient de destituer la noblesse la plus ancienne, les descendants des hommes aux vastes turbans. Le sultan est libre de contraintes physiques.  

  • L'utilisation des cowries suit cette révolution.
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Au Logone...

  • La production commerciale s'étend :   
On fait pousser le coton, « on tisse et teint beaucoup », des terres nouvelles sont défrichées, un marché est « assez actif », et des « villages d'ouvriers agricoles » apparaissent au moment des pluies : que ces villages appartiennent à l'oligarchie ou à des producteurs indépendants n'est pas dit.

-- Barth, référence à suivre.

  • Des bandes de coton ont remplacé la monnaie en fer. Elles sont divisibles, bien que moins que les cauris : une bande = huit cauris. 
 
  •  Le roi  reçoit Barth derrière un rideau et bien qu'il soit seul, lui envoie des approvisionnements pour une centaine de personnes. 

L'économie se développe 
mais l'autorité reste la même :
Pour le moment.

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Suite,