QUAND LES AÎNÉS NE PEUVENT PLUS CONTRÔLER LA CROISSANCE DES CHEFS LES REMPLACENT. QUAND EUX AUSSI SONT SUBMERGÉS, DES ROIS APPARAISSENT
La vénération qu'ils inspirent vient de leur rapport avec L'Autre Monde. Au Dahomey et en France, ils sont liés aux ancêtres.
- Le roi du Dahomey brandit le crâne de son prédécesseur à la fin du sacre, avant les décapitation de captifs envoyés pour le servir.
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Sacre du roi Bâhadou, 1863 / zoom |
- En France, trois dynasties royales (mérovingiens, carolingiens, capétiens) compliquent ce lien. Que tous les couronnements aient lieu à la cathédrale de Reims (à deux journées de marche de Paris), avec l'huile sacrée qu'une colombe apporte du Ciel pour le baptême du premier monarque (Clovis), joint les rois dans un ensemble.

IXe siècle / zoom
XV siècle / zoom
Le mausolée où tous les rois (sauf trois) reposent est un autre aspect de ce lien.
Vidéo / zoom
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Le triomphe de Josephat, vers 1470 / zoom |
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Les couronnements mobilisent les populations :
- Au Dahomey les quatre jours de l'événement incluent une procession qui exhibe les richesses du roi.
- En France les populations viennent de toute la région regarder passer le roi et la cour, la cavalcade et à Paris, l'entrée du roi nouvellement couronné sur un chemin qui jusqu'au début du XVIIe siècle le joignait aux ancêtres.
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Les couronnements se terminent par un spectacle où le roi est la vedette :
- Au Dahomey « Divers danses, toutes exécutées en style de décapitation par le Roi [... ] le bruyant ravissement de la foule ne connaissait pas de limites quand le Roi a dansé avec son épée entre les dents [...]. Finalement le Roi a distribué des bouteilles de rhum, un signe qu'il était fatigué [...] il avait dansé trente-deux danses. »
-- Burton, p. 221
- En France, l'entrée spectaculaire du roi à Paris, mentionné ci-dessus.
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Le lien avec le sacré est régulièrement :
- Au Dahomey, des captifs moins nombreux sont envoyés vers les rois décédés.
- En France, le roi touche les scrofuleux pour les guérir après avoir communié à Pâques.
Le livre d'heures d'Henri II (vers 1540), détail / zoom
La coutume prend fin quand l'Église refuse la communion à Louis XV adultère. Abandoner le rite efface un aspect surnaturel de la royauté et contribue au déclin de la monarchie.
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Détruire des richesses fait partie des couronnements.
- Au Dahomey le rituel finit par la décapitation d'esclaves, le bien le plus cher.
Victimes pour le sacrifice, « The History of Dahomey, an Inland Kingdom of Africa par Archibald Dalzel, 1793 / zoom
Les captifs sont attachés à des poteaux, mais « le confinement n'était pas cruel : chaque victime avait un attendant debout derrière lui, pour éloigner les mouches ; tous étaient nourris quatre fois par jour, et étaient libérés pour dormir [...]. Ils marquait la cadence de la musique et bavardaient ensemble [...]. C'est l'intention du Roi de les garder dans la meilleure des humeurs » pour qu'ils abordent gaiement leur service futur.
-- Sir Richard Burton A Mission to Gelele, King of Dahomey, 1864, p. 205. Un récit du royaume proche d'Ashanti mentionne des captifs qui semblent également détendus.
Burton mentionne un combat violent pour des cadeaux du roi (non pas pour les têtes comme titre le journal) par lequel les blessures et les morts soulignent le soutien.
- En France, « Il y avait beaucoup de tués et de morts » dit un chroniquer en passant, du tournament célébrant la naissance d'un dauphin (en 1518).
-- François Ier par Emmanuel Bourassin, 1997, p.75
Des tapisseries comme celle-ci étaient une autre façon d'engloutir les richesses.
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Au Dahomey le sacrifice d'esclaves,
la marchandise la plus chère et la plus prestigieuse,
et en France le coût de tels spectacles
et d'objets d'art tels les tapisseries,
suppriment des richesses investables.
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Suite,
Couronnement du roi de Juida [Ouidah, sur la côte de Bénin] par Jacob van der Schley / zoom












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