Monday, October 31, 2016

Saturday, October 29, 2016

4.6.1. DESTRUCTION, ESCLAVAGE ET CROISSANCE


AVANT, LES RAIDS SERVAIENT À MAINTENIR LE STATU QUO. MAINTENANT, ELLES CHERCHENT À PRENDRE LE PLUS DE TERRES ET DE TRAVAILLEURS POSSIBLE    

 Razzia musulman des années 1880's par Harry Johnston / zoom

Des fusils remplacent les mousquets volontairement inefficaces.

Des populations sont déplacées 
pour travailler d'immenses domaines.  

Esclavagistes arabes en Afrique de l'est / zoom

Deuxième voyage pour découvrir les sources du Nile, 1861-1862, par John Speke / zoom

 « Il cultive ses vastes propriétés au moyen de bandes d'esclaves enchaînés l'un à l'autre... »

 Speke (couleurs ajoutées, Almamy) 

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La production au Djimini s'étend pendant le bref règne du razzieur Samori Touré (1894-98) :

  • Kong et les villages en petites lettres sont détruites, mais celles en grandes émergent ou s'agrandissent :

 
  • « Marabadiassa qui remplaça Kong après sa destruction, est un important centre commercial. »

 -- Rapport du chef de poste d'Andomie,Archives d'Abidjan ANCI 1899

  • La culture de ris s'étend, les ignames sont introduites, des marchés attirent 5000 personnes plutôt que 2000 et Dabakala, chef-lieu de Samori et nouveau marché, 7000.
-- La même source

Tous mes interlocuteurs
ont confirmé cette progression.


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4.6.2.

Thursday, October 27, 2016

4.6.2. ADAPTER L'ISLAM À LA PRODUCTION COMMERCIALE


ON AJUSTE LA FOI POUR PILLER ET EXPLOITER  

Le mot « kafir » (qui désigne les non-croyants) s'appliquait ici aux populations animistes, tandis que le « jihad » (la guerre sainte) était mené contre elles. Ces notions religieuses servaient à justifier la transformation des terres collectives en propriétés privées, exploitées grâce au travail forcé.

*    *

« Bien qu'il soit « un homme bon au fond », un chef de guerre toucouleur lance ses soldats à l'assaut d'un village animiste, alors même que ses habitants venaient de leur offrir de l'eau. Lorsque l'explorateur objecte, le chef rétorque : « Ce sont des keffirs, tous les moyens sont bons avec eux. »

-- Lt. de vaisseau Mage, Voyage dans la Sénégambie occidentale, 1868, p. 623.


La réaction d'un descendant d'esclave :

Le fils d'un animiste propriétaire d'esclaves a accepté de m'en parler, et a invité un de leurs descendants à être présent. 

Son père, a-t'il dit, traitait bien ses esclaves et avait même confié sa famille à l'un d'eux pendant une absence. Mais les Toucouleurs ne s'intéressaient qu'à l'argent et traitaient leurs captifs comme des bêtes. 

J'ai demandé alors, « N'étaient-ils pas ruinés quand les esclaves furent libérés? » 

Le visiteur, qui n'avait rien dit jusque là, 
se redressa et exclama joyeusement, 
 « Ils en ont même pleuré ! »  
-- Dongougou Bouaré, à Ségou le 7 mai 1973 
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Tuesday, October 25, 2016

4.6.3. SAMORI : LES RAZZIÉS OUBLIÉS


COMME OPPOSANT À LA CONQUÊTE COLONIALE SAMORI EST LÉGENDAIRE

Sa résistance rend la victoire glorieuse pour les Français et héroïque pour les Africains. 


Capture de Samory par le lieutenant Jacquin

       Instagram / zoom                        

Napoléon traverse les Alpes par Jean-Jacques David, 1801 / zoom

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La légende


Le guerrier intrépide qui a défié la colonisation française / video: zoom

-- Par Alpha Blondy, 1984; YouTube, 2013
 
Bori, bori Samori
Cours, cours Samori
Toubabouhou bikôh oko obi faga
Les blancs viennent, ils ont promis de te tuer

 

Zoom
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Mais les Sénoufo se rappellent de lui avec terreur. 


Après son passage le 26 septembre, 1898. 


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« Samori envoya son fils en France pour observer directement la puissance ennemie. À son retour, celui-ci affirma qu'il était impossible de vaincre les Français. Samori le condamna alors à mort par la faim. »

     Prisonnier, 1898 / zoom 

 Le personnage réel : cruauté, tristesse et dignité. 

Et esclavagiste.
Demandez aux Sénoufo.

*    *     *

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Monday, October 24, 2016

4.6.4. DÉTOUR : L'HISTOIRE NATIONALISTE CACHE DES RÉALITÉS ACTUELLES


 LES POLITICIENS S'APPROPRIENT LE PASSÉ 


Statue in Conakry / zoom
La bedaine, une invention, est un signe de richesse et de prestige quand la nourriture est rare et sépare le dirigeant du peuple. 

Les clés pour comprendre le présent s'effacent. Un exemple se trouve dans l'impact de Boko Haram sur le Mandara — l'arrière-pays de Bornou et de Logone —, où les anciens razzieurs du Bornou exécutaient leurs prisonniers mâles en leur tranchant une jambe. 



Un homme se souvient, « Mes oncles étaient pris comme esclaves. Nous n'oublions pas, et Boko Haram nous rappelle l'époque que nos aînés nous ont décrit. »
-- Donald Tada, 
par Joan Tilouine, « Le Monde », 23 mai 201

Indo-Asian News Service

Boko, book (livre en anglais), haram, interdit : le régime du Nigeria du Sud a construit peu d'écoles au Nord. Des souvenirs des razzias étaient-ils une raison ? Le choix du nom « livres interdits » rappelle-t'il l'absence d'instruction et donc d'accession sociale ? 
   
Le journaliste mentionne les raids mais ignore la violence singulière rapportée par l'explorateur, par manque de lecture ou par incompréhension.

*     *

Ce que le vainqueur oublie, 
le vaincu se le rappelle à jamais. 


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Wednesday, October 19, 2016

4.6.5. SAMORI ET LE JUDAS SÉNOUFO


QUAND EN 1894-1894 LES FRANÇAIS LE REPOUSSENT D'UN PREMIER EMPIRE, IL ÉTABLIT UN AUTRE AU DJIMINI

Adapté de African History Extra, "The Empire of Samori Ture on the Eve of Colonisation" par Isaac Samuel / zoom

L'adoption des cauris ouvre le commerce à tous et une classe nouvelle émerge :  les « Sonnanguis », dont les esclaves produisent des graines pour les marchés 

Ce sont « des autochtones, qui ont adopté la langue, la coutume, les mœurs et les aspects extérieurs des Dyula tout en conservant le tatouage des Sénoufo [...]. 

Ils n'ont ni l'élévation d'idées, ni l'instruction des Dyulas mais qui, ayant ouvert leurs bras et leur pays à Samori, ont profité de l'amitié du vainqueur pour exploiter les Sénoufos, vis-à-vis desquels ils affichent une morgue et un despotisme qu'ignoraient les vrais Dioulas. » 
-- Rapport de Delafosse, Archives d'Abidjan X-35-35, 1904, 4.

Maintenant indistingables des autres Sénoufo, on se souvient d'eux pour un islam « curieux » qui les rapproche des conquérants et les séparent de leurs esclaves animistes. 

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Leur appui pour Samori est rappelé par un traître,  Pélégayan, qui « voulait être roi mais n'en avait pas le droit ». 

Il produisait du millet pour le nouveau marché Foumbolo, sur la route du conquérant



 Les forces du Djimini arrêtent Samori près de Foumbolo. Pelegayan se lève la nuit, va trouver Samori et dit

« -- Il ne faut pas te décourager, tu vas gagner cette bataille.

-- Par quel moyen ?

-- Oh, ne t'en fais pas, je suis un enfant de ce pays, je vais te montrer, je connais tous ses secrets.

-- Non, tu me dis de ne pas me décourager, mais cela fait trois mois que je suis là, je n'arrive pas à faire quelque chose.

-- Oh, ne t'en fais pas, je suis un enfant du pays, je connais les secrets, tu arriveras à bout. 

Il fait savoir à Samori les secrets. 

Il dit aussi à ses guerriers de ne pas mettre de balles dans leurs fusils »
-- Serisio Coulibali, agriculteur

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Des producteurs tels les Sonnangui ont du soutenir les razzieurs dans toute la savane.  

Ils apparaissent, à ma connaissance,
que dans les traditions orales. 

*      *      *

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4.6.6.


Monday, October 17, 2016

4.6.6. DÉTOUR : LA CONQUÊTE COLONIALE N'APPORTE PAS LE CONTRÔLE ÉCONOMIQUE


LA PRODUCTION LOCALE BLOQUE LA VENTE DES MANUFACTURES EUROPÉENES 

Les vainqueurs souhaitent ouvrir des nouveaux marchés mais leur export le plus important, le textile, ne se vend pas. 

Pourquoi acheter des tissus industriels ? Les élites ont des somptueuses tenues brodées, et les autres des drapés faits de bandes d'excellent coton qui durent indéfiniment :



  • Drapés de tous les jours
 



  •  Des bandes tissées dans la rue 
  Zoom


 













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Les puissances coloniales n'occuperont jamais ce marché. Quand des soldats ghanéens en Indonésie ramènent des saisissants imprimés « wax », les ventes vont aux Hollandais.

Ils produisent 
la plus grande partie encore.