Saturday, August 25, 2018

3.2.1. LES RAZZIAS AFRICAINES, UNE VIOLENCE MAÎTRISÉE


Cette page résume la description des guerres dans Aubin, pp. 487-90

BIEN PLUS COURANT QUE LES GUERRES ENTRE ÉTATS ÉTAIENT LES RAZZIAS ANNUELLES EN SAISONS SÈCHES 

Mais elles saisissaient que ce que l'élite pouvaient utiliser, puisqu'un surplus devraient être entretenu ou vendu. Leur achat permettraient à des producteurs d'augmenter leur force de travail, leur production, leurs ventes et leur menaces (ce qui s'est fait : continuez).  
 
  • Les captifs étaient surtout des femmes et des enfants :


          Dans le Mali actuel,1892 / zoom
      Des dessins montrent surtout des femmes, celui-ci avec un enfant en arrière-plan.

  • L'armée du Bornou (au Nigéria du nord-est) tuait des prisonniers mâles en leur coupant une jambe. Une violence pour unir les vainqueurs ?  
-- L'explorateur Heinrich Barth, qui accompagna l'expédition,
mentionne cette tuerie mais ne la commente pas.
Narrative of a voyage in North and Central Africa, 1855, II, pp. 324-86.

Les captures étaient freinées par... 

  • Les foules qui accompagnaient les armées. Dans toute la savane entre le Niger et l'Éthiopie, elles empêchaient le mouvement rapide et les manœuvres mais renforçaient le système : les campements représentaient le palais, la capitale et le royaume, ou bien la tête, les mains et les pieds du roi.   
 -- Aubin, p. 487. D'autres références, p. 198.

Marshal Bugeaud pendant la conquête d'Algérie par Horace Vernet, 1846 / zoom
L'arrière-plan de tentes d'Abd-el-Kader ressemble à l'hiérarchie mentionnée pour la savane africaine (je n'ai pas trouvé des images de camps africains).

  •  Des attaques de villages d'un côté seulement, ce qui permettait la fuite et épargnait les récoltes (au Cayor, Sénégal).
 -- De la Sénégambie français par F. Carrère et P. Jolle, 1855, p. 70.


    •  Les Ashanti (au Ghana) considéraient qu'un jour sur trois propice au combat. Ils ont arrêté une marche qui menaçait les Anglais pour ne pas guerroyer un jour défavorable.
     -- La captivité dans le royaume abron du Gyuman par Emmanuel Terray, 
    « L'esclavage en Afrique pré-coloniale », ed. Claude Meillassoux, 1975, p. 325.

    • En Sénégambie les adversaires avançaient « dans une sorte de parade », tirant et se retirant à tour de rôle.
    -- Carrere et Jolle, p.7.

    • Les chevaux étaient pas utilisés pour le prestige et le spectacle, pour des exploits individuels, pour dominer les combattants à pied  — et pour fuir.

    Instagram, Presenta Barman

    Quand la victoire importaient ils pouvaient combattre à pied. Les Galla (en Éthiopie), commandés de descendre de leurs montures, ont « combattu désespérément pour leur vie » et l'ont emporté ; les Mossi (au Burkina Faso) sont arrivés au champ de bataille montés sur des ânes (trois guerriers par âne), sont descendus et ont gagné. 
    -- Galla, Voyages pour découvrir la source du Nil par James Bruce,1791, III, p.233.
    Mossi, Archives de Dakar, 1892, I, p.89.
    Autres exemples : Aubin, 486, n. 197.

    • Les balles des mousquets fabriqué à Birmingham à la demande africaine ne pénétraient pas les boucliers en bois, ou même les uniformes européens : un officier n'est que renversé par une balle tirée à vingt mètres. Il serait plus utile de jeter des pierres que de tirer, a écrit Heinrich Barth.
    -- Bouclier, uniforme : Voyage en Afrique occidentale by A. Raffenel, 1846, I, 28
         -- Pierres : Barth, 1865  II, 393.  
    Ces commentaires sont typiques  pour l'ensemble de Afrique de l'ouest vers 1850 :
    Aubin 487-9, n. 195-199

    •  Comme les chevaux, on pouvait abandonner ces armes à feu quand la victoire comptait vraiment : les troupes d'Oyo (au Nigéria) vainquirent ceux d'Ibadan en jetant les armes à feu et en chargeant avec des sabres. 

                                                                          -- Samuel Johnson, Histoire des Yoruba, 1924, p. 24.
     
    • Un dandy et un agriculteur portent des mousquets comme accessoires : 

       
    Voyage au Soudan français (Haut-Niger et pays de Ségou en 1879-81) par le Commandant Galliéni, 1885

    • Pour l'efficacité on utilisait les moyens traditionnels : un chasseur tirait cinq flèches si rapidement et avec une telle précision que plusieurs semblaient atteindre la cible en même temps.
     -- H. Héquard dans la Revue coloniale, 1852, 2e série, IX, 342

    YouTube / zoom 

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    Le spectacle des campagnes renforçaient les rois... 
    Zoom
    Roi des Mossi avec sa cavalerie, 1892


    Cortège à Bauchi, en Nigéria du Nord

    ...et les fusils ajoutaient au fracas des fêtes...

     



    Second Visit to Discover the Sources of the Nile par John Speke, Londres, 1864

    Le Commandant Gallieni

     

    ...en limitant les prises. 

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    Les razzias ne devaient pas trop bien réussir :
     « Nous voulons que vous garder dans votre coin »,
    --Guerriers nobles à des producteurs pour le commerce en Mauritanie vers 1780,
     M. Lamiral, L'Afrique et le peuple africain, 1789, 85

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    Suite,




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