Monday, May 28, 2018

4.2.3. DES MARCHANDS AVANCENT VERS LA FORET


AU COURANT DU XVIe SIECLE ILS Y CHERCHENT DE L'OR, DES ESCLAVES ET UN NOUVEAU PRODUIT, LE KOLA, SANS PASSER PAR DES INTERMÉDIAIRES

Petites et légères, ces noix servent de teintures. Mâchées, elles réduisent la soif et conduisent à une légère euphorie, comme le café. 


Ces marchands établissent des avant-postes, dont les autorités contrôlent les routes. Parmi eux est Kong, dont les chefs empêchent des nouveaux venus d'aller plus loin.

    Adapté d'une carte Google

  • Vers 1700 un roi « fou » (Lasari Gombele) tire sur la foule du marché et saisit les marchandises qu'elles abandonnent en fuyant. Un marchand de kola du Niger (Mallam Boro) et un commerçant local (Seku Wattara) s'unissent pour l'évincer. 

*Récit de Karamoko Wattara,  chef de canton, et de Bassidi Wattara, agriculteur, les 4 et 6 mai 1973. 

  • Les noms indiquent un conflit entre animistes relativement peu commerçants et musulmans, commerçants par définition. Interprétation : le roi s'adresse violemment à une opposition de marchands portés par la croissance et de forces locales qui souhaitent en profiter. 

La victoire des forces nouvelles ouvrent la route vers les régions productrices de kola et des commerçants établissent des petits centres à la bordure de la forêt.* 

*Un rapport des archives d'Abidjan date l'établissement d'un de ces centres, Grumania, vers 1740, et une tradition oralde du Djimini situe une autre, Satala-Sokura, vers la même époque (Aubin, p. 432).

Kong devient un centre pour le commerce et pour l'islam, étroitement liés.

Du Niger au Golfe de Guinée par le pays de Kong et le Mossi (1887-89) par le capitaine Louis Gustave Binger, 1892 / zoom

« Vue de Kong, capital de l'Empire de Kong »

Capitaine Gustave-Louis Binger 

Mosquée de Kong
« Vue de Kong, capital de l'Empire de Kong »

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Le « roi fou » s'inscrit dans un modèle : quand la croissance conduit à des forces que les autorités ne maîtrisent plus elles tentent de les contenir par la force, ce qui conduit à une lutte que gagnent les intérêts nouveaux. 

Les vainqueurs ouvrent les routes
et 
au début du XVIIIe siècle
 des marchands arrivent au Djimini.
  
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