LES RÉCITS DE LA MORT DE NAMBOLOSSÉ MONTRENT LES PARTIS PRIS
Le rapport français, probablement exacte :
Quand Nambolossé exige qu'un commerçant Hausa d'armes et esclaves lui soit livré pour en faire son esclave, des marchands quittent Bokhala pour fonder un autre village, Dabakakoro. Ensuite il saisit l'héritage d'un Soninké mort sur ses terres, « bien que ses héritiers soient connus ». Alors un chef dyula et ses hommes entrent à Bokhala quand les guerriers sont partis les intercepter sur une autre route. Ils le brûlent vif dans sa case.
-- Archives de Dakar, 1878
La version des commerçants :
Le chef dyula disparait.
Des partisans des Soninkés déshérités font appel à « Mori », le chef hausa de Marabadiassa, qui dans les années 1870 et 1880 razzie à l'ouest. Il arrive à Bokhala quand les hommes de Nambolossé sont partis. Ils mettent le feu à sa case, le tuent et brûlent son cadavre sur une broche « comme un rôti ».
-- Bakari Coulibali, imam de Darhala
La version des sénoufo :
Nambolossé ne meurt pas, mais chasse Mori du Djimini. Il l'aurait attrapé mais Mori avait un excellent cheval, qui disparaissait et reparaissait à cinq kilomètres. Pendant sa fuite il rencontre Samori et lui a dit, « fais attention au Djimini. Il y a de vrais hommes. » Plus tard Samori venge la défaite de Mori : c'est lui qui tue Nambolossé.
Nambolossé ne meurt pas, mais chasse Mori du Djimini. Il l'aurait attrapé mais Mori avait un excellent cheval, qui disparaissait et reparaissait à cinq kilomètres. Pendant sa fuite il rencontre Samori et lui a dit, « fais attention au Djimini. Il y a de vrais hommes. » Plus tard Samori venge la défaite de Mori : c'est lui qui tue Nambolossé.
Ces versions révèlent l'antagonisme entre les deux groupes, dont les villages sont distincts.
- Brûler Nambolossé « comme un rôti » indique le mépris des musulmans pour les animistes, que mon interprète ado exprimait en leur hurlant des insultes par la fenêtre de la voiture. (Je lui ai dit que je le renverrai s'il continuait et il ne l'a plus fait.)
- « Fais attention au Djimini. Il y a de vrais hommes » exprime la résistance actuelle aux musulmans et la fierté des vaincus.
En faisant de Mori l'annonciateur de Samori (à suivre) la version sénoufo révèle l'omniprésence des razzia.
Des pilleurs d'esclaves ruinent une grande partie du nord-est ivoirien : après 1870 environ, au moins quatre autres terrifient les populations. Un rapport d'archives mentionne un certain Vakuba Ture « qui guerroie à l'est avec ses fils » .
-- Archives d'Abidjan pour la région de Bondoukou (à l'est du Djimini)
# # #
À part cette phrase et les quelques lignes sur Nambolossé, les rapports de Paris et d'Abidjan ne mentionnent que les guerriers qu'ils affrontent.
Les récits omettent ce que leur auteurs
croient ne pas les concerner :
Tenez compte de cette lacune.
Fin de cette section.
* * *
La prochaine section,
No comments:
Post a Comment