Tuesday, December 27, 2016

4.4.1. LA MENACE DES FORCES NOUVELLES


DES COMMERÇANTS DU NORD SE MULTIPLIENT  
(VERS 1870) 

Au temps de Tofanga et de Gnapon des Dyula imposèrent la monnaie divisible des cauris, premier pas vers la creation d'une société commerciale et socialement stratifiée. Mais le système communale pouvait les absorber. 

Des marchands hausa et soninke ont suivi. Vers 1870 (?)...
  • Le marchand « Mori » s'est établit à Marabadiassa, village de production de textiles.  
  • « Karamoko Bassiri » fait de même à Bouake, plus à l'ouest. 
  • Le père de l'imam de Darhala, un village musulman sur la route de Kong, est arrivé au même moment.  
-- Aïnés de Darhala, interviewés en 1973

Ils étaient infiniment plus déstabilisateurs.  


Narrative of an Expedition to the River Niger by William Allen, 1848 

Ces « dignitaires nigériens » ressemblent aux aînés de Darhala se réunissant pour notre conversation à la demande du Sous-préfet.


Leur irruption fait partie d'une évolution générale :  

  • Années 1820 : Des peuls du nord du Nigeria chevauchent vers le sud, avec tenues et drapeaux blancs, criant « Allahu Akhbar ! » et s'attendant au paradis s'ils meurent au combat. À la capitale d'Oyo ils incitent les esclaves musulmans à tuer leurs maîtres animistes et à se joindre à eux. 
-- Clapperton, 
 
Records of a Second Expedition to the Interior of Africa, 1825-27
ed. Paul Lovejoy, pp 203-4
.
  • Années 1850 : Des peuls et des kanuri du Bornou se déplacent vers le sud, saisissant ou tuant les populations ou exigeant du tribut.
-- Barth, II, 93.
  • Années 1870 : Amadou Tall de Ségou « ... semble se désintéresser de plus en plus de ses possessions du Kaarta, du Fadougou et du Bélédougou (au Sénégal et au Mali), en révolte continuelle ... pour tourner ses efforts vers les pays du sud... »
    -- Archives de Dakar, 1880
  • Années 1890 : Des gens du nord atteignent la côte.
    -- Archives de Dakar, 1894
 
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Ils colonisent et asservissent... 

  •  La langue indigène disparaît :
« Les génies du pays », disent les Sénoufos du Kénédougou, « se sont retirés dans certaines mares... .Malheur à l'imprudent qui, à côté de ces mares, prononcerait des mots de la langue bambara, la langue du conquérant. Ils seraient immédiatement englouti. Le pays est sénoufo, les génies du pays ne veulent entendre parler que le sénoufo. »   
-- Archives de Dakar, 1888 

  • Les populations doivent payer un tribut :
Au nord du Djimini, « Ils [les autochtones] doivent [aux gens du nord leur travail et le produit de leurs champs et sont, à proprement parler, des captifs, sauf qu'ils ne sont pas vendus. »
-- Archives de Dakar, 1888
  • Au Djimini : 
« Ils tentaient de voler nos récoltes ».
 -- Serisio Coulibali, agriculteur sénoufo


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Ils prêchent l'islam,
ce qui dans un contexte animiste
 transforme la société elle-même.

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