Wednesday, June 22, 2016

5.3.2. LA « SAISON » DE MASSACRES DES PROTESTANTS


LE MASSACRE DE LA SAINT-BARTHÉLEMY DÉCLENCHE A PARIS ET POUR TROIS MOIS CONTINUE DANS D'AUTRES VILLES FRANCAISES 
-- « Saison » :  le terme de Michelet
 
Elle commence dans la nuit du 23 août, 1572. 

La reine Catherine de Médicis souhaite faire assassiner le chef du clan nobles protestant pour qu'il se venge contre le clan dominant catholique, mais il n'est que blessé.  

  • Craignant cette vengeance, le chef catholique commande à ses sbires de saisir la maison où le blessé se remet. Ils l'attaquent et jettent son corps par la fenêtre.

Gravure d'époque

  • Les autorités municipaux ont été prévenus et sommés de réunir une milice pour maintenir l'ordre. Quand le tocsin annonce que son rôle doit commencer, elle rejoint les tueurs. 

-- Le massacre de la Saint-Barthélemy par Philippe Erlanger, 1960, le récit classique 

 Le massacre de la Saint-Barthélemy par François Dubois, 1572 / zoom

La reine
 





Des atrocités sont commis par les deux bords, disent les historiens, ce qui est vraie pour la campagne et pour les villes quand des troupes y entrent, car les armées attirent le même genre d'homme :
    
Le festin des soldats (détail), tapisserie, musée de la Renaissance
Les soldats sont des mercenaires ou des pilleurs, des hommes coupés de la terre et de ses repères. Les nobles sont habitués à la violence.

° Mais quand les massacres sont dues aux populations urbaines, 
les victimes sont surtout protestants :
La soif du sang, le vol et le règlement de comptes
abattent des catholiques aussi,
mais plus tard et moins souvent.

• Pourquoi des « fanatiques » 
surgissent-ils tout d'un coup,
massacrant des commerçants paisibles ? 

° Comme toute minorité ils se soutiennent
(pensez aux organisation d'anciens élèves)
et se coupent de la communauté, 
volontairement et par une foi qui élimine les saints



Les saints font tellement partie de la vie quotidienne que les jours (« la Saint-Valentin) » et les rues (X) portent leurs noms. Les protestants respectent les saints mais autrement les ignorent. 


° Les artisans protestants travaillent souvent
en dehors des guildes,
leur faisant concurrence par leurs tarifs moins élevés 
--  Michelet.
Ici aussi, les historiens ne semblent pas relever ce fait fondamental.

Charité de Giverville (Normandy), 1865, photographe non mentionné
L'art populaire montre la proximité de dirigeants des guildes et de l'Église : les massacres n'auraient pu gagner cette ampleur sans leur indulgence.  

° Supprimer l'Église supprime
les aumônes, les hôpitaux et les écoles :
En Angleterre,
la destruction des monastères et des couvents
oblige les moins, les religieuses et les lépreux de mendier

Internet

Gravure sur bois du XVIe siècle
Abolir les fêtes religieuses 
ajoute cinquante jours par an de travail :  
Imaginez les réactions d'apprentis et d'employés
quand des patrons « hérétiques » imposent ce changement 
-- Les commerces protestants restent ouverts même à Noël :
Histoire des protestants de la Réforme à la Révolution,
dir. Philippe Wolff, 2001, 91, sans commentaire.

En bref,  
le protestants humilient les pauvres
par leur austérité ostentatoire
et défient les pratiques
 qui les protègent en bloquant le gain.

Gravure du XVIe siècle (détail), collection privée.

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