Friday, June 29, 2018

IV.1. LE CHOIX D'UN ARRIERE-PAYS

 ,

LE CHANGEMENT DANS UNE REGION RECULEE MONTRERAIT UNE EVOLUTION PLUS LARGE...

sans facteurs secondaires pour brouiller les cartes. 

Mon doctorat en histoire africaine exigeait du travail sur le terrain. Quand l'Universite d'Abidjan m'a offert l'hébergement et le soutien du Ministre de l'Intérieur en échange d'enseigner un cours de trois mois, j'ai accepté avec joie.  

Les informations économiques trouvées dans les récits économiques et les narrations d'explorateurs montraient une croissance économique. 

Cette avis confrontaient les partis pris acceptés, de déclin ou de stabilité. Pour le prouver j'ai choisi une région obscure et sans caractère particulier ou le changement, s'il y en avait, serait nécessairement lié à une evolution plus vaste.  

Ayant consulté les archives d'Abidjan pendant mes trois mois d'enseignement, j'ai choisi le Djimini, une région de la savane au bord de forêt...

   Adapté du plan Google mentionné ci-dessus.

La bande vert claire est la savane.

...et suis allée à Dabakala, qui sauf pour un centre musulman beaucoup plus petit était la seule ville de la région.   



Il n'y avait pas d'hôtels 
et je m'attendai à rester dans un gite d'étape...

qui abritait deux ou trois voyageurs masculins et une prostituée qui portaient des immenses boucles d'oreille et une longue robe rouge. Je lui ai confié mon sac et portant un grand chapeau contre le soleil, ai marché trois kilomètres sur une route poussiéreuse et vide, pour découvrir une longue maison moderne qui faisait penser à un palais.  

J'ai frappé à la porte et un serviteur est apparu. J'ai dit que je voulais voir le sous-préfet. « Il dort », le serviteur a dit. « J'attendrai », j'ai répondu, « s'il vous plait ne le réveillez pas ». 

Mais il l'a fait.

Un homme grand, beau, très noir portant une toge de wax très colorée est arrivé. Il bailla et frotta ses yeux parce qu'il venait de se réveiller, ou parce qu'étonné. Des coopérants français traversaient la région occasionnellement, mais des femmes blanches, jamais.  

J'étais aussi étonnée que lui, et ai dit que j'avais demandé au serviteur de ne pas le réveiller, et étais très, très désolée qu'il l'ai fait. Comme cela sa voit par ma confrontation avec le doyen, je n'étais pas toujours diplomatique. Mais mon embarras était réel et reconnaissait son autorité. Exceptionnellement, j'ai dit ce qu'il fallait. 

J'ai expliqué que je venais pour faire une recherche sur l'histoire de la région, que j'espérai qu'il m'aiderait et lui ai tendu la lettre du Ministre. Il l'a regardé, me regarda de nouveau, et dit, « Je le ferai. Vous pouvez rester ici avec moi et ma famille autant que vous voudrez. »

J'y suis restée deux fois pour six semaines et me souviens de sa femme belle et turbulente, de ses deux petits garçons « légitimes » et de ses treize autres enfants qui, revenus de l'école, étaient assis avec un comportement parfait autour d'une grande table à faire leurs devoirs. 

Mais surtout je me souviens de l'aide que Ernest Texier m'ait donné, faisant venir des hommes de villages distants pour que leur questionne sur le passé, organisant plusieurs rencontres avec un chef de village paralysé ou demandant à un groupe d'aînés de quitter leurs champs pour me parler. 

Il m'a aussi fait voir un document d'archive : 
À suivre.

*    *    *
Suite,



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